En publiant la liste des stades retenus pour accueillir les matchs du championnat national de la Ligue 1, la Ligue Nationale de Football a rappelé la nécessité de rendre modernes les villes de la République démocratique du Congo et viables les clubs évoluant en première division.
8 stades, 7 villes et seulement 6 provinces sur un total de 26 (même pas la moitié du total des provinces) pour abriter tous les matchs de l’élite pour la saison 2026-2027, des chiffres très faibles et larmoyants pour un pays comme la RDC ayant pour superficie 2.345.410 km2.
Responsabilité du gouvernement
Le défi demeure encore énorme et entier pour le gouvernement central mais aussi les autorités provinciales, celui de moderniser les villes et y ériger des stades répondant aux normes FIFA-CAF, afin de voir le championnat se dérouler dans plusieurs coins du pays et pourquoi pas rendre la RDC plus ambitieuse sur le plan continental.
Si chaque province pouvait posséder un stade moderne, la RDC aurait 26 stades modernes. L’initiative devrait venir de l’autorité publique à travers des partenariats également. Si les travaux du stade TP Mazembe (18000 places) ont coûtés entre 25 et 40 millions de dollars, la construction d’un stade de cette capacité dans chaque chef-lieu coûterait entre 650 millions et 1.040 milliards de dollars ; des chiffres moins significatifs pour la RDC.
Pour l’instant, à propos de la 32e édition de la Ligue 1, seule la province du Haut Katanga disposera 3 stades retenus dans 2 villes dont Lubumbashi et Likasi. Les 5 autres provinces à savoir Kinshasa, Maniema, Tanganyika, Tshopo et Lualaba auront un stade chacune. Très difficile de parler d’un championnat national, alors que les clubs ne se rendront pas dans la moitié des provinces existantes pour plusieurs raisons (ceci n’est nullement la faute de la Linafoot).
Manque d’organisation des clubs
Côté Clubs, cette publication des stades retenus démontre à suffisance le manque d’organisation des équipes engagées à cette édition 2026-2027 de la Ligue 1. Elles ne sont pas autonomes et ne se suffisent pas en cette matière. Si les formations jouant la Ligue 1 étaient suffisamment autonomes et organisées, ces clubs auraient chacun son stade. Par manque de viabilité, les clubs ne peuvent que dépendre des installations sportives publiques, alors que certains ont plus de 20 ans, 30 ans voire 60 ans d’existence.
Sur toutes les équipes engagées, seul le Tout Puissant Mazembe possède son propre stade. Les autres n’ont pas de stades privés, elles font la queue et le tour de rôle dans les stades de l’État, à l’ère du développement du football.
Le manque à gagner
Pourtant cette discipline, tout comme plusieurs autres, est devenue un véritable tremplin du business sous d’autres cieux. Par manque d’ambition et de sérieux, les clubs congolais ne visent pas loin ; et par manque d’organisation, tous tardent à se doter des installations sportives.
Le manque d’infrastructures sportives, aux côtés de plusieurs autres problèmes liés soit au flux aérien ou au temps par rapport au calendrier, a causé du tort au championnat dans un passé récent notamment dans l’organisation des Play-Offs.
Moins de stades aux normes
Certains stades utilisés à ce jour pour abriter le championnat d’élite ne sont pas rassurants en termes de sécurité et de confort, et ne devraient pas être utilisés pour l’élite. Pourtant l’organisateur les aligne toujours faute de mieux, principalement parce que les clubs n’ont pas de domicile.
Pour confirmer que la RDC et ses clubs doivent fournir des efforts dans la construction des infrastructures sportives dignes, il suffit de voir le nombre des stades homologués par la Confédération Africaine de Football (CAF), ces 3 dernières saisons, rien que pour les tours préliminaires.
Le retard par rapport à d’autres pays
Pendant ce temps, des pays comme l’Afrique du Sud ou le Maroc accordent de plus en plus d’importance au football et développent cette discipline. Ces pays peuvent aligner jusqu’à 10 stades nationaux homologués, une preuve de leurs visions.
Une impulsion qui commence par une politique sportive éclairée et suivie par le sérieux des clubs en matière d’organisation, ce qui permet les résultats sur le terrain. Ils allient business, marketing et soft power à travers le football pour renflouer les caisses de l’État.
Si un club a pu le faire, à l’occurrence le TP Mazembe avec le « Temple des Badiangwena », les autres peuvent aussi emboîter les pas. Si la République a pu se doter des infrastructures sportives neuves à l’occasion des IXèmes Jeux de la Francophonie et la construction de Kinshasa Arena, la construction des autres stades modernes et/ou omnisports s’avère indispensable et surtout avec l’ambition d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2028 selon le vœu du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Bryan Mpungu El Unico





